Les contrats d'expatrié et de résident

Mis à jour : 28 sept. 2020



Si vous êtes fonctionnaire titulaire depuis au moins deux ans, vous pouvez postuler des postes sous contrat d'expatrié et/ou de résident dans les EGD et les établissements conventionnés. Voyons d'abord les points communs à ces deux types de contrat avant de traiter plus spécifiquement de leurs différences respectives.



Dans ces deux types de contrat, vous êtes recruté directement par l'AEFE. Les candidats constituent un dossier sur le site de l'Agence, formulent des vœux géographiques et, à l'issue d'une première étape de sélection, sont vus en entretien par des personnels de l'Agence (pour les expatriés) ou par les personnels de direction des EFE (pour les résidents). Si vous êtes finalement retenu et que vous acceptez la proposition qui vous est faite, vous serez ensuite affecté dans un EGD ou un établissement conventionné mais l'AEFE restera votre employeur.

D'un point de vue strictement administratif vous êtes placé en position de détachement auprès de l’Agence (et donc du Ministère des Affaires Étrangères). Cela signifie que votre carrière se poursuit normalement en matière d’avancement et de droit à la pension civile (retraite) et que vous restez rattaché à votre administration d’origine (à priori le Ministère de l'Éducation Nationale). Vous demeurez donc salarié de droit public et vous êtes rémunérés en Euros par l’AEFE. Votre carrière est gérée dans votre corps d'origine par l'inspection académique de votre département d'origine (premier degré) ou par le bureau DGRH B2-4 du MEN (second degré). Le bureau de la gestion administrative et financière de l'AEFE assure dans tous les cas la liaison avec le Ministère ou les départements.


Lorsque vous demandez votre réintégration, c'est à dire de mettre fin au détachement et de rentrer en France, vous êtes repris immédiatement et de droit dans votre académie (pour les personnels du second degré) ou dans votre département d'origine (pour les personnels du premier degré).


LE CONTRAT D'EXPATRIÉ

C'est le type de contrat le plus intéressant et le plus recherché par tout candidat souhaitant partir enseigner à l'étranger. Tout simplement et de manière très prosaïque car c'est celui qui offre, et de loin, les conditions les plus avantageuses ! Les postes d'expatriés proposés aux enseignants se font cependant de plus en plus rares ces dernières années. Ce sont de plus des postes qui comportent obligatoirement une forte dimension d'animation et/ou de coordination pédagogique. Les enseignants recrutés sous contrat d'expatrié auront ainsi également à participer à la formation d'enseignants résidents et/ou recrutés locaux. Ces actions de formation dépassent très souvent le cadre du seul établissement d'affectation et s'exercent à l'échelle du pays, voire de la zone géographique.

Pour qui ? Dans le premier degré, des postes de directeurs d’école, d’enseignants maîtres-formateurs en établissement (EMFE) ou plus rarement de conseillers pédagogiques auprès de l’IEN de zone (CPAIEN) sont proposés chaque année dans le cadre de la campagne de recrutement pilotée par l'AEFE. À titre d'exemple, pour la rentrée 2020, l'AEFE recherchait 29 directeurs d'école, 18 EMFE et 8 CPAIEN. Il faut généralement être titulaire du CAFIMF / CAFIPEMF et posséder une solide expérience dans la fonction pour espérer être recruté sur ce type de poste.

Dans le second degré, ce sont très majoritairement des postes de professeurs exerçant une mission de conseil pédagogique (EEMCP2) qui seront proposés aux enseignants certifiés ou agrégés. L'AEFE recherchait ainsi pour la rentrée scolaire 2020, 31 EEMCP2 (toutes disciplines confondues). Les EEMCP2 bénéficient d'une décharge horaire de service comprise entre 6 et 9 heures. Leur mission de conseil pédagogique peut être à l'échelle d'un établissement (de plus en plus rarement), d'un pays ou d'une zone géographique regroupant plusieurs pays. En plus de l’enseignement de leur discipline dans leur établissement d’affectation, ils vont donc être en charge de toute une variété de missions de formation continue, d’accompagnement et de suivi des enseignants de la discipline, de coopération éducative et d'animation du réseau local. Bref ! Ils font un peu le travail des IA-IPR en France (on les voit quand même un plus souvent) mais sans la dimension de l’évaluation et sans autorité hiérarchique ou fonctionnelle sur les autres enseignants.

Ils sont sélectionnés pour leurs compétences en matière de formation initiale et continue, d’animation d’équipes, ainsi que pour leur expertise disciplinaire et transversale. Dans les faits, pour avoir réellement une chance d’être recruté sur un poste de EEMCP2, il vaut donc mieux avoir déjà encadré des stagiaires et s’être vu confié des missions de nature pédagogique et/ou de formation au niveau académique. Le certificat d’aptitude aux fonctions de formateur académique (CAFFA) constitue à ce titre un vrai atout.

Pour combien de temps ? Le contrat est signé pour une période initiale de 3 ans. Il peut être reconduit pour une période d’une année elle-même reconductible une fois, soit un maximum de 5 ans sur le même poste.

À la fin d’un premier contrat de 5 ans, il est possible de demander sa réintégration ou de postuler sur un nouveau contrat d’expatrié dans un autre pays ou bien un contrat de résident dans la même zone ou dans une autre zone géographique. Dans tous les cas il est toujours nécessaire de formuler une demande de réintégration.

Et après ? Vous avez toujours le droit de postuler à nouveau mais les candidatures à des contrats d’expatrié des personnels ayant accompli plus de 9 années de séjour à l’étranger sans être revenu exercer en France plus de 3 années consécutives sont toujours classées non prioritaires et ce quel que soit le statut (titulaire ou non titulaire) ou le type de contrat sous lesquels ces personnels ont exercé au préalable.


LE CONTRAT DE RÉSIDENT

Moins intéressant sur le plan financier que les contrat d'expatrié, les contrats de personnel résident présentent cependant de nombreux avantages (primes diverses, rémunération en euros, poursuite normale de sa carrière de fonctionnaire en matière d’avancement et de droit à la retraite...). Ils sont surtout beaucoup plus nombreux à être proposés chaque année aux enseignants dans le cadre de la campagne de recrutement pilotée par l'AEFE (environ 900 postes vacants ou susceptibles d'être vacants, un tiers dans le primaire et deux tiers dans le secondaire, ont été publiés lors de la campagne pour la rentrée 2019).

Pour qui ? Contrairement aux postes sous contrat d’expatrié, les postes de résidents sont dans leur très grande majorité des postes d'enseignants du premier et du second degré (toutes disciplines confondues). Dans quelques rares cas, il peut aussi s'agir de postes administratifs ou de vie scolaire.

Il n'y a cette fois pas vraiment de profil type pour postuler. Le métier en tant que tel n'est finalement pas si différent de celui de n'importe quel enseignant en France. Ne perdez cependant pas de vue que de nombreux candidats postulent généralement sur un même poste (ce dernier point est probablement à nuancer en fonction de ce qu'on pourrait appeler ''l'attractivité'' du pays d'accueil). Aussi, plus votre dossier sera riche et votre expérience importante plus vous aurez de chance de passer la première étape de sélection. Si votre dossier est retenu, lors d'une deuxième étape, vous pourrez obtenir des entretiens avec les personnels de direction des établissements pour lesquels vous avez postulé. Les personnels résidents sont in fine recrutés par le Directeur de l’AEFE après avis des commissions consultatives paritaires locales (CCPL). Voir à ce sujet notre post sur les procédures de recrutement.

Pour combien de temps ? Le contrat de résident est signé pour une période initiale de 3 ans. Jusqu’à peu, le contrat pouvait être renouvelé par période de 3 ans sans aucune limitation de temps sur la durée. Un personnel sous contrat de résident pouvait ainsi mener toute sa carrière dans un même établissement à l’étranger. Ce n’est plus le cas dorénavant puisque un nouveau texte sur les conditions de détachement des personnels titulaires à l'étranger stipule que les agents nouvellement détachés ne pourront être maintenus dans cette position de détachement au-delà de six années scolaires consécutives. Par dérogation, cette durée pourra être portée à neuf années scolaires consécutives lorsque des circonstances exceptionnelles le justifieront.

À l’issue d’un premier contrat de trois ans, le personnel résident peut donc demander le renouvellement de son contrat et le renouvellement de son détachement pour une nouvelle période de 3 ans ou bien se porter candidat sur un autre poste de résident (ou d'expatrié) dans la même zone ou dans une autre zone géographique. Dans tous les cas, il est toujours nécessaire de formuler en parallèle une demande de réintégration.

Et après ? Au bout de six ans, hors cas de dérogation exceptionnelle, vous ne pourrez être maintenu en position en détachement. Vous devrez donc soit demander votre réintégration soit, si vous désirez continuer à enseigner dans un EFE, demander une mise en disponibilité afin d’exercer cette fois en contrat local.

EN RÉSUMÉ...




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