Votre salaire à l'étranger

Mis à jour : 28 sept. 2020



Il apparaît bien légitime, pour tout enseignant candidat à l'expatriation, de vouloir connaitre précisément le montant de sa future rémunération avant de s'engager définitivement et de franchir le pas. Il est malheureusement impossible d'apporter ici une réponse simple et documentée à cette question tant il existe de disparités et de complexité dans les modes de calcul des rémunérations des enseignants à l'étranger. Nous nous contenterons donc ici de vous indiquer quelques points de repère vous permettant d'y voir au moins un peu plus clair. Votre traitement et son mode de calcul vont ainsi d'abord dépendre du type de contrat de travail que vous aurez obtenu.


CONTRAT D'EXPATRIÉ

Un enseignant expatrié perçoit une rémunération en euros. Elle se compose de son traitement indiciaire brut soumis à retenue pour pension civile (ou rémunération principale) et, comme en France, de diverses rémunérations accessoires (HSA, HSE, prime spéciale HSA, indemnité de suivi et d’orientation des élèves ou ISOE, indemnité de Jury et d’Examen ou IJE) auxquels vont venir s’ajouter une indemnité d’expatriation (IE) ainsi que des majorations familiales (MF). À noter que les directeurs d’école perçoivent en plus des bonifications indiciaires (BI) en fonction du nombre de classes.

L’indemnité d'expatriation (IE) perçue varie selon le pays d’affectation et le niveau indiciaire de l’enseignant. Son montant est actualisé tous les trois mois, à la hausse ou à la baisse, par un arrêté interministériel. Dans les faits, les montants des IE sont très variables selon le pays d’affectation. Ils dépendent notamment de l’éloignement, du coût de la vie et des conditions de résidence en matière sanitaire et/ou de sécurité par exemple. Les IE demeurent cependant dans la majorité des cas extrêmement intéressantes. Dans la plupart des pays, l'IE à elle seule permet bien souvent de doubler voire de tripler le montant de sa rémunération principale. Les montants des majorations familiales sont également variables selon le pays d’affectation et la situation de famille. Elles sont attribuées à tous les enseignants expatriés possédant des enfants de moins de 21 ans à charge effective et permanente.

L’enseignant expatrié bénéficie enfin également d’une indemnité de changement de résidence (ICR) qui couvre ses frais de déménagements lors de sa prise de fonction (ou lors de son retour en France) ainsi que d’un droit à voyage aller-retour (ainsi que pour tous les membres de sa famille) de son lieu d’affectation vers la France, tous les un, deux ou trois ans suivant le pays de résidence.


CONTRAT DE RÉSIDENT

Un enseignant résident perçoit également une rémunération en euros. Comme pour son collègue expatrié, elle se compose de son traitement indiciaire brut (rémunération principale) et de diverses rémunérations accessoires (HSA, HSE, ISOE, IJE). À ceux-ci vont venir cette fois s’ajouter une indemnité spécifique liée aux conditions de vie locale (ISVL) ainsi qu’un avantage familial (AF).

À l’instar de l’IE, l’ISVL perçue varie selon le pays d’affectation et le niveau indiciaire de l’enseignant. Son montant est également actualisé tous les trois mois par arrêté interministériel. Concrètement, les montants des ISVL sont toujours (très) inférieurs aux IE des expatriés. Le fait que, dans le second degré, le SNES revendique que le montant de l’ISVL représente toujours au moins 15% de l’indemnité d’expatriation servie dans le pays, est à ce titre assez significatif. Pour connaitre plus précisément les montants des ISVL, vous pouvez contacter les syndicats ou poser directement la question à des collègues enseignants déjà en poste.

Les montants mensuels de l’avantage familial sont également fixés par arrêté, par pays et par tranche d’âges (moins de 10 ans / 10 - 15 ans / plus de 15 ans). Il est versé pour chaque enfant à charge effective et permanente de sa naissance à ses 21 ans révolus. À titre d’exemple, vous pouvez consulter ici les montants actuels de l’avantage familial pour les établissements de rythme nord. L’enseignant résident ne bénéficie pas d’indemnité de changement de résidence ou d’un droit à voyages.


CONTRAT DE DROIT LOCAL

Un enseignant recruté sous contrat de droit local perçoit, sauf exception notable, une rémunération dans la monnaie du pays d'accueil. Elle se compose généralement d'un élément fixe, le salaire de base, et de différents éléments variables (suppléments, indemnités et accessoires de rémunérations éventuellement complétés par des heures supplémentaires). Le montant brut de chaque élément va dépendre de la convention collective ou du règlement intérieur du travail (RIT) en vigueur dans l'EFE ainsi que de la législation locale du travail.

Ainsi, la convention collective (ou le RIT) comprend des grilles de rémunération qui ont été fixées selon la nature et la catégorie de l’emploi. Les enseignants nouvellement recrutés sont classés dans la grille correspondant à l’emploi occupé et dans leur catégorie selon leur qualification (titulaires ou non titulaires, niveau de diplôme...) et leur expérience professionnelle. Leur situation dans la grille détermine directement le montant de leur salaire de base.

Lorsqu’ils sont prévus par la législation locale et/ou le règlement intérieur du travail, des suppléments, indemnités et accessoires de rémunération peuvent également venir compléter le salaire mensuel de base. Il s’agit par exemple d’indemnités qui peuvent être liées à l’emploi, de primes obligatoires (transport, nourriture, congés …) ou de prestations familiales (prise en charge de la scolarité, totale ou partielle, des enfants scolarisés dans l'établissement).

Sous contrat de droit local, il existe donc autant de modes de calcul de la rémunération qu'il existe d'établissements. Chaque EFE établit normalement ses grilles de rémunérations de manière à pouvoir assurer à son personnel un niveau de vie au sein du pays conforme à la position sociale qu'il occupe. Votre salaire sous contrat de droit local va donc être généralement directement corrélé au coût de la vie du pays d'accueil. Selon les pays, vous pourrez ainsi toucher davantage ou moins que le traitement que vous recevriez en France à niveau d'expérience et de qualification identiques.

Enfin, une remarque très importante pour clore ce post : au delà-même de votre rémunération au moment du recrutement, en particulier si vous envisagez une expatriation de moyenne et a fortiori de longue durée, il vous faut aussi absolument vérifier dans la convention ou le RIT quelles sont les modalités d'évolution de carrière et de rythme d'avancement au sein de votre grille salariale.


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